STOPP A Indication du traitement

STOPP A1 Tous médicaments prescrits sans indication clinique

STOPP A2 Tout médicament prescrit au-delà de la durée recommandée, si elle est définie

STOPP A3 Toute duplication de prescription d’une classe médicamenteuse (deux benzodiazépines, anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS), inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine (ISRS), diurétiques de l’anse, inhibiteurs de l’enzyme de conversion, bêtabloquants, anticoagulants…) – (monothérapie à optimaliser avant de considérer la duplication)

STOPP B Système cardiovasculaire

STOPP B1 La digoxine pour une décompensation d’insuffisance cardiaque avec fraction d’éjection ventriculaire gauche (FEVG) conservée – (pas de preuve de bénéfice)

STOPP B2 Le vérapamil ou le diltiazem en présence d’une décompensation cardiaque de classe III ou IV – (risque d’aggravation de l’insuffisance cardiaque)

STOPP B3 Un bêtabloquant en combinaison avec le vérapamil ou le diltiazem – (risque de bloc de conduction cardiaque)

STOPP B4 Un bêtabloquant en présence d’une bradycardie (< 50 bpm), d’un bloc atrioventriculaire du second degré ou troisième degré – (risque de bloc complet ou d’asystolie)

STOPP B5 L’amiodarone en première intention pour une tachycardie supraventriculaire – (risque d’effets secondaires plus important que celui par bêtabloquant, digoxine, vérapamil ou diltiazem)

STOPP B6 Un diurétique de l’anse en première intention pour une hypertension artérielle – (des alternatives plus sûres et plus efficaces sont disponibles)

STOPP B7 Un diurétique de l’anse pour oedèmes des membres inférieurs d’origine périphérique (c’est-à-dire en l’absence d’argument pour une insuffisance cardiaque, insuffisance hépatique, insuffisance rénale ou syndrome néphrotique) – (la surélévation des jambes et le port de bas de contention sont plus appropriés)

STOPP B8 Un diurétique thiazidique ou apparenté (indapamide) en présence d’une hypokaliémie (K<3,5 mmol/l), hyponatrémie (Na<130 mmol/l), hypercalcémie (calcémie corrigée > 2,65 mmol/l ou > 10,6 mg/dl), ou d’une histoire d’arthrite microcristalline (goutte ou chondrocalcinose) – (risque accru de précipiter ces troubles métaboliques)

STOPP B9 Un diurétique de l’anse pour hypertension artérielle en présence d’une incontinence urinaire – (exacerbation probable de l’incontinence)

STOPP B10 Un antihypertenseur à action centrale (méthyldopa, clonidine, moxonidine, rilménidine, guanfacine) en l’absence d’une intolérance ou d’une inefficacité des autres classes d’antihypertenseurs – (les antihypertenseurs à action centrale sont moins bien tolérés chez les patients âgés que chez les plus jeunes)

STOPP B11 Un inhibiteur de l’enzyme de conversion (IEC) ou un antagoniste des récepteurs de l’angiotensine II (ARA II) en présence d’un antécédent d’hyperkaliémie – (risque de récidive)

STOPP B12 Un antagoniste de l’aldostérone (spironolactone, éplérénone) en l’absence d’une surveillance de la kaliémie (au moins semestrielle), lorsque cet antagoniste est associé à un médicament d’épargne potassique (IEC, ARA II, amiloride, triamtérène) – (risque d’hyperkaliémie sévère (> 6 mmol/l))

STOPP B13 Un inhibiteur de la 5-phosphodiestérase (sildénafil, tadalafil, vardénafil) en présence d’une décompensation cardiaque sévère avec hypotension (pression systolique < 90 mmHg) ou d’un angor traité par nitrés – (risque de choc cardiovasculaire)

STOPP C Antiplaquettaires et anticoagulants

STOPP C1 De l’aspirine au long cours à dose > 160 mg/jour – (risque accru de saignement, sans preuve d’efficacité majorée)

STOPP C2 De l’aspirine en présence d’un antécédent d’ulcère gastroduodénal sans prescription d’un IPP – (risque de récidive d’ulcère)

STOPP C3 Un antiagrégant plaquettaire (aspirine, clopidogrel, dipyridamole) ou un anticoagulant oral (antivitamine K, inhibiteur direct de la thrombine ou du facteur Xa) en présence d’un risque hémorragique significatif (hypertension artérielle sévère non contrôlée, diathèse hémorragique, ou récent épisode de saignement spontané important) – (risque élevé d’hémorragie)

STOPP C4 De l’aspirine associée au clopidogrel en prévention secondaire des accidents vasculaires cérébraux (sauf si syndrome coronarien aigu concomitant, stent coronarien depuis moins de douze mois, ou sténose carotidienne serrée symptomatique) – (pas de preuve de bénéfice, hors de ces trois exceptions, par rapport à une monothérapie par clopidogrel)

STOPP C5 De l’aspirine associée à un anticoagulant oral (antivitamine K, inhibiteur direct de la thrombine ou du facteur Xa) pour une fibrillation atriale – (pas de bénéfice additionnel de l’aspirine, qui majore le risque de saignement)

STOPP C6 Un antiagrégant plaquettaire (aspirine, clopidogrel, dipyridamole) en association à un anticoagulant oral (antivitamine K, inhibiteur direct de la thrombine ou du facteur Xa) pour une artériopathie stable (coronarienne, cérébrovasculaire ou périphérique) – (pas de bénéfice additionnel de l’ajout de l’antiagrégant, qui majore le risque de saignement)

STOPP C7 La ticlopidine dans tous les cas – (le clopidogrel et le prasugrel ont des effets secondaires moindres et une efficacité similaire)

STOPP C8 Un anticoagulant oral (antivitamine K, inhibiteur direct de la thrombine ou du facteur Xa) durant plus de six mois pour un premier épisode de thrombose veineuse profonde (TVP) sans facteur de risque de thrombophilie identifié – (pas de bénéfice additionnel après six mois)

STOPP C9 Un anticoagulant oral (antivitamine K, inhibiteur direct de la thrombine ou du facteur Xa) durant plus de douze mois pour un premier épisode d’embolie pulmonaire (EP) sans facteur de risque de thrombophilie identifié – (pas de bénéfice additionnel après douze mois)

STOPP C10 Un AINS associé à un anticoagulant oral (antivitamine K, inhibiteur direct de la thrombine ou du facteur Xa) – (risque accru d’hémorragie gastro-intestinale)

STOPP C11 Un AINS en présence d’un antiagrégant plaquettaire, sans traitement préventif par un IPP – (risque accru d’ulcère gastroduodénal)

STOPP D Système nerveux central et psychotropes

STOPP D1 Un antidépresseur tricyclique en présence d’une démence, d’un glaucome à angle aigu, d’un trouble de conduction cardiaque, d’une dysurie ou d'un antécédent de globe vésical – (risque d’aggravation par effet anticholinergique)

STOPP D2 Un antidépresseur tricyclique en traitement de première intention pour une dépression – (risque accru d’effets secondaires par rapport aux ISRS)

STOPP D3 Un neuroleptique à effet anticholinergique modéré à marqué (chlorpromazine, clozapine, flupenthixol, fluphenzine, pipothiazine, promazine, zuclopenthixol) en présence d’un prostatisme ou d’un antécédent de globe vésical – (risque de globe vésical)

STOPP D4 Un ISRS en présence d’une hyponatrémie (Na<130 mmol/l) concomitante ou récente – (risque d’exacerbation ou de récidive de l’hyponatrémie)

STOPP D5 Une benzodiazépine depuis plus de quatre semaines – (un traitement prolongé par benzodiazépine n’est pas indiqué (critère A1) ; risques de sédation, de confusion, de troubles de l’équilibre, de chutes et/ou d’accident de la route. Après quatre semaines, toute prise de benzodiazépine devrait être diminuée progressivement puisqu’il existe une tolérance de l’effet thérapeutique et un risque de syndrome de sevrage)

STOPP D6 Un neuroleptique (autre que la quétiapine ou la clozapine) en présence d’un syndrome parkinsonien ou d’une démence à corps de Lewy – (risque d’aggravation sévère des symptômes extrapyramidaux)

STOPP D7 Un médicament anticholinergique en traitement des effets extrapyramidaux induits par un neuroleptique – (risque d’effets anticholinergiques)

STOPP D8 Un médicament à effet anticholinergique en présence d’une démence ou/et d’un syndrome confusionnel – (risque d’exacerbation des troubles cognitifs)

STOPP D9 Un neuroleptique chez un patient présentant des symptômes psycho-comportementaux associés à une démence, à moins que ces symptômes soient sévères et que l’approche non pharmacologique ait échoué – (risque accru de thrombose cérébrale et de décès)

STOPP D10 Un neuroleptique pour insomnies (à moins qu’elles ne soient dues à une psychose ou une démence) – (risques de confusion, d’hypotension, d’effets secondaires extrapyramidaux, de chutes)

STOPP D11 Un inhibiteur de l’acétylcholinestérase en présence d’un antécédent de bradycardie persistante (< 60 bpm), de bloc de conduction cardiaque, de syncopes récidivantes inexpliquées, de médicament bradycardisant (bêtabloquant, digoxine, diltiazem, vérapamil) ou d’asthme – (risque de troubles sévères de la conduction cardiaque, de syncope, d’accident, de bronchospasme)

STOPP D12 Une phénothiazine comme neuroleptique de première ligne (à l’exception de la prochlorpérazine pour nausées, vomissements et vertiges ; de la chlorpromazine pour hoquet persistant ; de la lévomépromazine comme antiémétique en soins palliatifs) – (effets sédatifs et anticholinergiques sévères ; des alternatives plus sûres existent)

STOPP D13 La L-dopa ou un agoniste dopaminergique pour des tremblements essentiels bénins ou pour un syndrome parkinsonien – (pas de preuve d’efficacité)

STOPP D14 Un antihistaminique de première génération dans tous les cas – (d’autres antihistaminiques plus sûrs sont disponibles)

STOPP E Système rénal. Les médicaments suivants sont potentiellement inappropriés chez les personnes âgées avec une insuffisance rénale aiguë ou chronique avec une clairance inférieure à un certain niveau (selon la formule de Cockroft)

STOPP E1 La digoxine au long cours à une dose > 125 µg/jour lorsque le DFG est < 30 ml/min – (risque d’intoxication)

STOPP E2 Un inhibiteur direct de la thrombine (dabigatran) lorsque le DFG est <30 ml/min – (risque accru de saignement)

STOPP E3 Un inhibiteur direct du facteur Xa (rivaroxaban, apixaban) lorsque le DFG est < 15 ml/min – (risque accru de saignement)

STOPP E4 Un AINS lorsque le DFG est < 50 ml/min – (risque d’aggravation de la fonction rénale)

STOPP E5 La colchicine lorsque le DFG est < 10 ml/min – (risque d’intoxication)

STOPP E6 La metformine lorsque le DFG est < 30 ml/min – (risque d’acidose lactique)

STOPP F Système gastro-intestinal

STOPP F1 La prochlorpérazine ou le métoclopramide en présence de symptômes extrapyramidaux – (risque d’aggravation)

STOPP F2 Un IPP à dose maximale pendant plus de huit semaines pour oesophagite peptique ou ulcère gastroduodénal non compliqués – (indication d’une réduction de la dose de l’IPP, voire de son arrêt avant huit semaines)

STOPP F3 Un médicament à effet constipant (anticholinergiques, fer par voie orale, opiacés, vérapamil, antiacide à base de sel d’aluminium) en présence d’une constipation chronique lorsque des alternatives existent – (risque de majoration de la constipation)

STOPP F4 Du fer élémentaire à dose > 200 mg/jour par voie orale (fumarate de fer > 600 mg/jour, sulphate de fer > 600 mg/jour, gluconate de fer > 1800 mg/jour) – (absorption du fer inchangée au-delà de cette dose, et risque de troubles digestifs)

STOPP G Système respiratoire

STOPP G1 La théophylline en monothérapie d’une BPCO – (alternatives plus sûres et plus efficaces ; risque d’effets secondaires liés à l’indice thérapeutique étroit)

STOPP G2 Des corticostéroïdes par voie systémique plutôt qu’inhalés pour le traitement de fond d’une BPCO modérée à sévère – (exposition inutile à des effets secondaires alors que le traitement inhalé est efficace)

STOPP G3 Un bronchodilatateur anticholinergique (ipratropium, tiotropium) en présence d’un glaucome à angle aigu – (risque d’exacerbation du glaucome), ou d’un obstacle à la vidange de la vessie – (risque de rétention urinaire)

STOPP G5 Une benzodiazépine en présence d’une insuffisance respiratoire aiguë ou chronique (pO2 < 60 mmHg ou SaO2 < 89% ou < 8 kPa ou/et pCO2 > 6,5 kPa ou > 50 mmHg – (risque d’aggravation de l’insuffisance respiratoire)

STOPP H Appareil musculosquelettique

STOPP H1 Un AINS en présence d’un antécédent d’ulcère gastroduodénal ou de saignement digestif, sans traitement gastroprotecteur par IPP ou anti-H2 – (risque de récidive de l’ulcère peptique)

STOPP H2 Un AINS en présence d’une hypertension artérielle sévère – (risque de majoration de l’hypertension) ou d’une insuffisance cardiaque sévère – (risque de décompensation cardiaque)

STOPP H3 Un AINS au long cours (> 3 mois) en première ligne pour une douleur arthrosique – (un analgésique comme le paracétamol est préférable et habituellement efficace pour contrôler les douleurs arthrosiques modérées)

STOPP H4 Une corticothérapie au long cours (> 3 mois) pour une polyarthrite rhumatoïde en monothérapie – (risque d’effets secondaires de la corticothérapie)

STOPP H5 Une corticothérapie pour douleur d’arthrose, par voie orale ou locale (injections intra-articulaires admises) – (risque d’effets secondaires systémiques de la corticothérapie)

STOPP H6 Un AINS ou la colchicine au long cours (> 3 mois) pour le traitement de fond d’une goutte, en l’absence d’un inhibiteur de la xanthine-oxydase (allopurinol ou fébuxostat) sauf si ce dernier est contre-indiqué – (un inhibiteur de la xanthine-oxydase est le premier choix pour la prévention des crises de goutte)

STOPP H7 Un AINS ou un inhibiteur sélectif de la COX-2, en présence d’une maladie cardiovasculaire non contrôlée (angine de poitrine, HTA sévère) – (risque accru d’infarctus du myocarde ou de thrombose cérébrale)

STOPP H8 Un AINS en présence d’une corticothérapie sans traitement préventif par IPP – (risque accru d’ulcère gastroduodénal)

STOPP H9 Un bisphosphonate par voie orale en présence d’une atteinte actuelle ou récente du tractus digestif supérieur (dysphagie, oesophagite, gastrite, duodénite, ulcère peptique ou saignement digestif haut) – (risque de récidive ou de majoration de l’atteinte digestive haute)

STOPP I Appareil urogénital

STOPP I1 Un médicament à effets anticholinergiques en présence d’une démence, d’un déclin cognitif chronique – (risque d’une majoration de la confusion, d’agitation), d’un glaucome à angle fermé – (risque d’exacerbation du glaucome) ou d’un prostatisme persistant – (risque de globe vésical)

STOPP I2 Un alpha1-bloquant (tamsulosine, térazocine) en présence d’une hypotension orthostatique symptomatique ou de syncope postmictionnelle – (risque de syncopes récurrentes)

STOPP J Système endocrinien

STOPP J1 Une sulphonylurée à longue durée d’action (glibenclamide, chlorpropamide, glimépiride, gliclazide à libération prolongée) pour un diabète de type 2 – (risque d’hypoglycémies prolongées)

STOPP J2 Une thiazolidinédione (rosiglitazone, pioglitazone) en présence d’une décompensation cardiaque – (risque de majoration de la décompensation cardiaque)

STOPP J3 Un bêtabloquant en présence d’un diabète avec fréquents épisodes hypoglycémiques – (risque de masquer les symptômes d’hypoglycémie. Envisager une diminution du traitement hypoglycémiant pour ramener l’HbA1c entre 7,5 et 8,5% (59 et 69 mmol/ml) chez les patients âgés fragiles)

STOPP J4 Des oestrogènes en présence d’un antécédent de cancer du sein ou d’épisode thromboembolique veineux – (risque accru de récidive)

STOPP J5 Des oestrogènes par voie orale ou transdermique sans progestatif associé chez une patiente non hystérectomisée – (risque de cancer endométrial)

STOPP J6 Des androgènes en l’absence d’un hypogonadisme confirmé – (risque de toxicité aux androgènes ; absence de bénéfice prouvé en dehors de l’hypogonadisme)

STOPP K Médicaments associés à un risque accru de chute chez les patients âgés

STOPP K1 Une benzodiazépine dans tous les cas – (effet sédatif, trouble de proprioception et d’équilibre)

STOPP K2 Un neuroleptique dans tous les cas – (effet sédatif, dyspraxie de la marche, symptômes extrapyramidaux)

STOPP K3 Un vasodilatateur (alpha1-bloquant, inhibiteur calcique, dérivé nitré de longue durée d’action, IEC, ARA II) en présence d’une hypotension orthostatique persistante (diminution récurrente de la pression artérielle systolique >= 20 mmHg ou diastolique >= 10 mmHg lors de la verticalisation) – (risque de syncopes, de chutes)

STOPP K4 Un hypnotique Z (zopiclone, zolpidem, zaleplon) – (risque de sédation, d’ataxie)

STOPP L Médicaments antalgiques

STOPP L1 Un opiacé fort en première ligne d’une douleur légère (par voie orale ou transdermique ; morphine, oxycodone, fentanyl, buprénorphine, diamorphine, méthadone, tramadol, pethidine, pentazocine) – (non-respect de l’échelle OMS de la douleur)

STOPP L2 Un opiacé en traitement de fond (c’est-à-dire non à la demande) sans la prescription concomitante d’un traitement laxatif – (risque de constipation sévère)

STOPP L3 Un opiacé de longue durée d’action en cas de pics douloureux, en l’absence d’un opiacé à action immédiate – (risque de persistance des pics douloureux)

STOPP N Médicaments anticholinergiques

STOPP N1 Une utilisation concomitante de plusieurs (>= 2) médicaments à effets anticholinergiques (antispasmodique vésical ou intestinal, antidépresseurs tricycliques, antihistaminique de première génération…) – (risque de toxicité anticholinergique)

START En dehors d'un contexte de fin de vie où une prise en charge palliative est nécessaire, les traitements suivants devraient être considérés chez les sujets âgés de 65 ans ou plus dans les conditions suivantes et en l’absence de contre-indications.

START A Système cardiovasculaire

START A1 Antivitamine K (AVK) ou inhibiteurs directs de la thrombine ou inhibiteurs du facteur Xa dans la fibrillation atriale (paroxystique, persistante ou permanente). En cas de fibrillation atriale induite par une cardiopathie valvulaire mitrale ou par un syndrome coronarien aigu ou récent, seule l’antivitamine K est recommandée – (risque cardio-embolique élevé)

START A2 Aspirine (75mg-160mg une fois par jour) en présence d’une fibrillation atriale et d'une contre-indication majeure à l'anticoagulation – (risque cardio-embolique élevé)

START A3 Antiagrégant plaquettaire (aspirine ou clopidogrel ou prasugrel ou ticagrélor) en présence d’une insuffisance coronarienne (angor, ou antécédents de stent ou d’IDM), ou d'antécédents d’AIT ou d’AVC, ou d'AOMI – (réduction des événements ischémiques)

START A4 Un antihypertenseur, en présence d’une hypertension artérielle persistante, traitée ou non, (systolique > 160 mmHg et/ou diastolique > 90 mmHg). Pour les patients diabétiques, les seuils de 140 mmHg pour la systolique et de 90 mmHg pour la diastolique sont préférés. La réalité de cette hypertension est à vérifier par automesure (ou Mapa) – (réduction de la morbi-mortalité cardiovasculaire)

START A5 Une statine, en présence d’une insuffisance coronarienne (angor, ou antécédents de stent ou d’IDM), ou d'antécédents d’AIT ou d’AVC, ou d'AOMI, chez un patient de moins de 85 ans – (réduction des événements ischémiques)

START A6 Inhibiteur de l’enzyme de conversion (IEC) en présence d’une insuffisance cardiaque systolique et/ou d'une insuffisance coronarienne (angor, ou antécédents de stent ou d’IDM) – (réduction de la morbi-mortalité cardiaque)

START A7 Bêtabloquant en présence d’une insuffisance coronarienne (angor, ou antécédents de stent ou d’IDM) – (réduction de la morbi-mortalité cardiaque)

START A8 Bêtabloquant validé (bisoprolol, nébivolol, métoprolol ou carvédilol) en présence d'une insuffisance cardiaque systolique stable – (réduction de la morbi-mortalité cardiaque)

START B Système respiratoire

START B1 L’inhalation régulière d’un agoniste bêta2-adrénergique ou d’un antimuscarinique bronchodilatateur (ipratropium, tiotropium), en présence d’un asthme ou d’une BPCO de stade léger à modéré – (contrôle des symptômes)

START B2 Prise régulière d’un corticostéroïde inhalé, en présence d’un asthme ou d’une BPCO de stade modéré à sévère, lorsque le volume expiratoire forcé durant la première seconde (VEF1) est < 50% ou lorsque des exacerbations nécessitent une corticothérapie orale – (contrôle des symptômes, diminution des exacerbations)

START B3 Une oxygénothérapie de longue durée, en présence d’une hypoxie chronique documentée (pO2 < 60 mmHg ou < 8 kPa, ou SaO2 < 89% à l’air ambiant), – (augmentation de l’espérance de vie)

START C Système nerveux central et appareil visuel

START C1 L-dopa ou agoniste dopaminergique, en présence d’une maladie de Parkinson de forme idiopathique confirmée, responsable d’un retentissement fonctionnel significatif – (premier choix pour le contrôle des symptômes)

START C2 Un antidépresseur non tricyclique, en présence de symptômes dépressifs majeurs persistants, – (amélioration des formes sévères de dépression)

START C3 Inhibiteur de l'acétylcholinestérase en cas de maladie d'Alzheimer légère à modérée (donépézil, rivastigmine, galantamine) ou de maladie à corps de Lewy (rivastigmine) – (amélioration limitée des fonctions cognitives)

START C4 En présence d’un glaucome primaire à angle ouvert, un traitement topique par analogue des prostaglandines, de la prostamide ou un bêtabloquant – (diminution de la pression intra-oculaire)

START C5 En présence d’une anxiété sévère persistante, un ISRS. En cas de contre-indication aux ISRS, un inhibiteur de la recapture de la sérotonine et de la noradrénaline, ou la prégabaline – (médicaments plus appropriés que les benzodiazépines pour un traitement prolongé)

START C6 En présence d’un syndrome des jambes sans repos, après avoir écarté une carence martiale et une insuffisance rénale sévère, un agoniste dopaminergique (ropinirole, pramipexole, rotigotine) – (amélioration des symptômes, de la qualité du sommeil et de la qualité de vie)

START D Appareil gastro-intestinal

START D1 Inhibiteur de la pompe à protons, en présence d’un reflux gastro-oesophagien sévère ou d’une sténose peptique nécessitant une dilatation – (contrôle des symptômes)

START D2 Supplémentation en fibres (bran, ispaghul, méthylcellulose, sterculia), en présence d’une maladie diverticulaire associée à une histoire de constipation chronique, une supplémentation en fibres (son, ispaghula, méthylcellulose, sterculiacée) – (contrôle des symptômes)

START E Appareil musculosquelettique

START E1 En présence d’une polyarthrite rhumatoïde active et invalidante, un traitement de fond par un inducteur de rémission (méthotrexate, hydroxychloroquinine, minocycline, leflunomide, tocilizumab, etanercept, adalimumab, anakinra, abatecept, infliximab, rituximab, certolizumab, golimumab) – (ralentissement de l’évolution de la maladie)

START E2 En cas de corticothérapie systémique au long cours (> 3 mois), une supplémentation en Vitamine D et calcium et un traitement par bisphosphonates – (prévention de l’ostéoporose cortico-induite)

START E3 En présence d’une ostéoporose confirmée (densitométrie osseuse : T-score < -2,5 DS) ou d’un antécédent de fracture de fragilité (spontanée ou par traumatisme à basse énergie), une supplémentation en Vitamine D (cholécalciférol 800-1000 UI/jour) et calcium (1-1,2 g /jour) – (prévention de fractures osseuses)

START E4 En présence d’une ostéoporose confirmée (densitométrie osseuse : T-score < -2,5 DS) ou d’un antécédent de fracture de fragilité (spontanée ou par traumatisme à basse énergie), un traitement inhibiteur de la résorption osseuse ou anabolique osseux (p. ex. bisphosphonates, ranélate de strontium, tériparatide, dénosumab) – (prévention des fractures osseuses)

START E5 En présence d’un confinement au domicile, de chutes ou d’une ostéopénie (densitométrie osseuse : -2.5 < T-score < -1 DS), une supplémentation en vitamine D (cholécalciférol 800-1000 UI/jour) – (prévention de l’ostéoporose)

START E6 En présence de goutte clinique (crises, arthropathie, tophus) ou radiographique, un traitement de fond par un inhibiteur de la xanthine oxydase (allopurinol, fébuxostat) – (prévention des crises de goutte)

START E7 Supplémentation en acide folique chez les patients prenant du méthotrexate – (prévention des effets indésirables gastro-intestinaux et hématologiques)

START F Système endocrinien

START F1 IEC ou sartans (si intolérance aux IEC) en présence d’une néphropathie diabétique, c'est-à-dire protéinurie manifeste ou micro-albuminurie (> 30mg/24h) avec ou sans insuffisance rénale – (protection glomérulaire)

START G Appareil urogénital

START G1 En présence d’une dysurie prostatique lorsqu’une résection de la prostate n’est pas justifiée, un alpha1-bloquant – (diminution des symptômes)

START G2 En présence d’une dysurie prostatique lorsqu’une résection de la prostate n’est pas justifiée, un inhibiteur de la 5-alpha réductase – (diminution du risque de rétention urinaire aiguë et de résection prostatique)

START G3 En présence d’une vaginite atrophique symptomatique, des oestrogènes locaux (crème, ovule, anneau, pessaire) – (diminution des symptômes)

START H Antalgiques

START H1 En présence de douleurs modérées à sévères, des agonistes opioïdes forts doivent être proposés lorsque le paracétamol, les AINS, les opiacés faibles sont inadaptés à la sévérité des douleurs ou ont été inefficaces – (contrôle de la douleur permettant d’éviter anxiété, dépression, troubles du comportement, du sommeil et de la mobilité)

START H2 Laxatifs chez les patients prenant des opioïdes régulièrement – (prévention de la constipation induite par les opiacés)

START I Vaccins

START I1 Vaccination annuelle contre la grippe saisonnière – (prévention d’hospitalisations et de la mortalité liées au virus Influenza)

START I2 Vaccination antipneumococcique au moins une fois après l'âge de 65 ans en accord avec les recommandations nationales – (prévention des infections invasives à pneumocoques)